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« C'était quelqu'un de précieux. Quelqu'un que l'on ne rencontre que rarement dans la vie et dont la gentillesse, la délicatesse et l'amour des autres, ne pouvaient que faire l'unanimité. Hélas il est décédé il y a plusieurs années et il est bien rare , depuis, que je n'ai pas une pensée pour lui. On ne cicatrise pas de la disparition d'un homme tel que lui.

Sur cette photo son sourire dit tout. Il était lumineux. Pour moi il était un maître. Le genre de bonhomme qui donne un sens à la vie, et le sens de la vie. Résistant engagé durant la dernière guerre, il a eu son propre studio de dessins animés, a travaillé pour la Presse, la Publicité et est allé dans le Spectacle comme régisseur. Il s'occupait de certaines tournées de Gilbert Bécaud, du Mime Marceau et de bien d'autres.
Il a réalisé sur la fin de sa vie des séries de chats avec jeux de mots, mais aussi des illustrations en 40x60 entièrement à la gouache, et il avait un super coup de patte (de chat) ! Sur l'un des ces dessins le chat tiens dans ses mains un album de Percevan...

Il aimait beaucoup le dessinateur Dubout et, petit clin d'oeil, la signature de Maurice n'est pas sans rappeler celle du grand homme. Tout ce qui avait attrait à la vie, à la création l'intéressait. Il était curieux et gourmand de tout. Et l'âge n'avait en rien diminué son amour de la vie, ni celui de le transmettre aux autres. J'ai eu la chance d'être un de ses amis très proche, mais il était aussi , un copain, un complice et un peu un second Père. Je pense que de son côté il me considérait aussi un peu comme un fils. Cela renforçait notre amitié et nous permettait d'aborder tous les sujets, en toute confiance, sans méfiance ou retenue.
Courageux en toutes circonstances, il l'a aussi été devant la maladie et la mort. Il n'a pas eu de regrets sur son parcours et a accepté l'échéance fatale avec sérénité, avec sagesse, avec pudeur, pour ne pas faire souffrir ceux qu'il aimait.
Un de mes regrets est de ne pas avoir pu l'emmener comme je l'avais prévu, au Maroc, son pays natal. Nous voulions , avec un ami commun, y aller tous les trois pour qu'il revoit son pays, et aussi parce qu'il avait une envie folle de nous faire découvrir et comprendre sa jeunesse. Hélas quelques mois avant (trois) il est tombé malade et la faucheuse l'a embarqué...
Il me manque. »
Philippe Luguy - janvier 2006
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