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« J'avais déjà créé un héros moyenâgeux, Cyril (Karolyn). J'avais dessiné environ 40 pages avec ce personnage. Ce n'est pas en 40 pages que l'on va au bout d'une idée. En fait, j'avais à peine effleuré le sujet. J'étais loin d'en avoir exploré toutes les possibilités. Comme je suis quelqu'un de très suivi dans ses idées, j'avais envie de relancer un chevalier. Et puis Léturgie est arrivé. Il s'est avéré qu'il aimait le moyen âge. Nos points de vue concordaient dans pas mal de domaines. Nous nous sommes liés d'amitié. Jean m'a proposé de faire un essai de scénario. J'ai accepté. C'est ainsi qu'est né Percevan. » « Le nom de Percevan est une idée de Jean Léturgie. Il cherchait un nom qui ait une consonance médiévale, qui puisse rappeler les chevaliers de la table ronde, d'où la ressemblance du nom avec Perceval. Percevan, c'est celui qui perce le vent ; ça donne au personnage un côté fonceur... Percevan, c'est le moyen âge. Le nom évoque tout de suite la chevalerie, la quête épique ; il évoque aussi des images, une atmosphère fantastique. De plus c'est facile à retenir et crédible : c'est un nom qui aurait pu exister. » Philippe Luguy - 1985
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« Kervin vient de KER, en breton veut dire ville (maison par extrapolation), et VIN comme le vin. Donc, Kervin, la ville du vin. Un nom qui définit bien le personnage. Par maison, on voit quelqu'un de massif, le vin évoque la jovialité et un côté un peu irresponsable. Kervin a parfois des réactions assez bébé. Mais il est également capable d'héroïsme, ne serait-ce que par amitié pour Percevan ou Guimly. Kervin, c'est la tendresse. Il est petit et gros parce que dans Cyril j'avais déjà fait l'expérience d'un petit gros, Bouboule, comme compagnon du héros. C'était sympa à dessiner et ça avait bien plu. J'ai eu envie de reprendre un personnage équivalent. Je sentais que c'était plein de possibilités. Au début il était haut comme trois pommes, maintenant il a pris des proportions plus élancées... Jean Léturgie n'était pas tellement d'accord pour l'introduire dans la série. J'ai dû me bagarrer pour le convaincre de son utilité. Mais, dès qu'il a vu Kervin, je veux dire dès qu'il a vu la recherche graphique du personnage, il a tout de suite accroché. Il y a comme un air de famille entre Kervin et moi. Au niveau du visage, toute la mimique de Kervin c'est la mienne, tout le monde me dit ça. Je pense que c'est fatal. Les gens qui connaissent ma mère disent que Kervin lui ressemble dans ses mimiques. Comme je ressemble à ma mère... Il y a des personnages, comme Kervin, dont les expressions viennent toutes seules ; les personnages jaillissent spontanément de la plume. Peut-être parce qu'ils sont un peu "soi" quelque part. Il y a d'autres personnages, comme Percevan, qui sont plus difficiles à manier, peut-être parce qu'ils sont ce que l'on voudrait être. Vouloir être quelque chose d'autre est plus difficile que d'être soi. » Philippe Luguy - 1985 Prononciation de Kervin : [kèRvC] KER - VIN (et non Kervinne) Philippe Luguy - Mars 2005
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« Ce personnage est né il y a maintenant de nombreuses années puisqu'il apparaît dans l'album l'épée de Ganaël. Je ressentais la nécessité pour Kervin d'avoir un compagnon autre que son cheval Annibal, et qui puisse être présent à chaque instant où que soit le copain de Percevan. Lorsque j'étais gosse il y a de très nombreuses lunes, j'avais un petit ours auquel je confiais toutes les joies et les grands malheurs de la journée, et c'est ce qui m'a décidé à choisir un animal de petite taille. Premier choix. Ensuite j'ai énuméré quels étaient les animaux disponibles et crédibles pour le Moyen-Âge, et aucun ne me convenait. Impasse. Hors en me rendant sur les lieux de travail de mon épouse (Muséum d'Histoire naturelle à Paris) j'ai rencontré deux chercheurs qui avaient sur eux deux lémuriens* minuscules qu'ils trimballaient partout. Ces petits animaux étant particulièrement fragiles sous notre climat, la femme avait fabriqué une sorte de minuscule sac doublé de coton ou de laine dans lequel les bestioles se réfugiaient. Le tout était placé entre les seins de cette charmante dame afin que la chaleur de son corps se transmette aux animaux. Lorsque ces derniers montraient le bout de leurs nez c'était vraiment génial. Des petites peluches vivantes hautes comme une pomme et demie, avec de grands yeux de face (comme nous) et qui regardaient bien franchement, d'un air curieux et étonné, bref en les voyant j'ai posé la question de savoir si je pourrais avoir un de ces animaux et comment. Réponse: impossible car ils sont rares et protégés et eux les avaient parce qu'ils travaillaient justement à leur sauvegarde et à leur protection. De plus leur fragilité les rendait difficile à élever. Mais vous avez compris, Guimly était dans la tête. Si vous ajoutez une admiration sans faille pour André Franquin** et son Marsupilami**, l'orientation de dessin pour moi était là, droit sur la planche à dessin à laquelle je me suis attelé pour ne relever le nez que la maquette de Guimly à la main. J'ai téléphoné à Jean pour lui présenter le nouveau venu, il a craqué et du coup l'a intégré au scénario de L'épée de Ganaël car il n'était pas prévu. C'était à noël 1983 il y a donc 21 ans. Depuis le petit animal gambade fièrement auprès de nos héros et en général Jean me laisse la responsabilité de le faire vivre car l'ayant crée, il pense que je suis plus à même de l'animer. Voilà comment peut naître un personnage de papier... » « A la question : Qui a trouvé le nom de Guimly ? La réponse est moi. Je voulais un nom un peu sautillant, rapide, vif et si j'ai beaucoup cherché pour le dessin, j'ai beaucoup cogité pour le nom également. J'avais trouvé tout un tas de noms, mais rien de bien à mon sens, et puis j'ai pensé à Guimyck, qui indique quelque chose qui apparaît de façon rapide et régulière, avec cette orthographe fantaisiste, mais c'était un terme trop moderne. En creusant, j'en suis arrivé à Guimly, qui n'existait pas jusqu'à ce que je relise Tolkien et que je vois le nom du nain. Il ne s'écrit pas de la même manière, mais c'est la preuve que l'on invente jamais rien ou presque... » Philippe Luguy - Juin 2004 - pour le site Albums où il apparaît :
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Spoilers : [Sa fin semble avoir été voulue par Philippe Luguy, qui était "embarrassé" par son personnage] Merci à Olivier pour ses infos (2001).
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Prononciation de Shyloc'h : [HaJlok] CHA - I - LOK Philippe Luguy - Octobre 2004 |
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